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Photographies et cartes aériennes

Lorsqu’on consulte les photos aériennes de 1935/1936 pour vérifier le même lieu, nous pouvons voir clairement que l’atlas de 1927 (une copie presque fidèle de Meacham’s) n’était pas trop précise (Figure 7).2  La photo aérienne démontre un terrain plus important à l’embouchure de la rivière (A), et une concentration de véhicules ou de petits édifices sur la pointe.  La carte Cummins avait raison de préciser que la pointe n’était plus utilisée comme chantier naval, mais il est clair que l’espace était utilisé pour d’autres activités, probablement pour l’industrie de la pêche.  Une recherche plus profonde dans les documents relatifs aux terres et les annuaires des entreprises nous mettrait en lumière le destin du chantier naval, et des photos plus anciennes du paysage peuvent aussi nous permettre de mieux comprendre l’utilisation de ce terrain dans cette communauté.  La photo aérienne démontre aussi que les propriétés avoisinantes n’étaient pas propices à l’agriculture ou à l’habitation dans les années 1930.

En nous propulsant à l’année 2000, nous voyons bien que le paysage de la péninsule Haldimand a changé de façon dramatique au cours du vingtième siècle du à l’érosion et aux courants d’eau.  Le paysage dans la figure 8 comprend une flèche beaucoup plus petite, et il n’y a aucun signe d’industrie sur la pointe.  Il y a plus d’activité au lieu où le quai est situé (D), et des champs agricoles sont redevenus des forêts dans d’autres lieux.  Nous pouvons voir, en examinant l’accroissement dans le développement le long de la côte et le peu de distance séparant les nouvelles résidences du Détroit de Northumberland, qu’il y a peu de réaction des gens à l’érosion de la côte (C).  Plusieurs édifices construits avant 1935 (B) n’y sont plus en l’an 2000 (E).

Figure 7 : Photo aérienne du lot 15, 1935/1936

Figure 8 : Photo aérienne du lot 15, 2000

Comparer les interprétations historiques du paysage avec la photographie plus moderne nous permet d’améliorer notre connaissance de ce qu’est la relation entre l’humain et la terre où il habite.  C’est tout simplement un autre exemple de l’importance d’intégrer de multiples perspectives dans nos recherches.  Cependant, il y a une multitude de données que nous pouvons extraire de ces cartes historiques même sans avoir accès à l’information contenue dans les photos aériennes.  Nous pouvons identifier des histoires de genre dans plusieurs cartes historiques, mais surtout dans les deux exemples de Meacham’s démontrés ici (Figures 2 et 5).  Les femmes sont souvent identifiées comme étant propriétaire de terrain dans les atlas historiques.  Par exemple, à Clyde River, Sarah Fisher avait cinq acres et au moins deux bâtiments près de la rivière au lieu qui est aujourd’hui l’entreprise MacPhee Meats.  Sans moulin ou de terre agricole, il est possible qu’elle fût propriétaire d’une taverne, d’un gîte ou encore d’un autre commerce qui aurait bénéficié de ce lieu rural très achalandé.  En comparant le Meacham’s avec d’autres plans cadastraux du lot 31 ainsi que des sources tels que des annuaires commerciaux, il serait possible d’identifier Fisher et son entreprise à d’autres points dans le temps.

Dans le lot 15, un des rares lots de 150 acres était divisé entre Mme Maxim Arsenault et ses filles, même si le lot de 100 acres des filles n’avait pas de résidence.  Ceci était une méthode commune pour léguer une propriété, et en 1927, la ferme fut vendue et divisée à nouveau.  Plus généralement, la différence dans la grosseur des propriétés moyennes dans le lot 15 et le lot 31 nous démontre les tendances quant aux successions ainsi que les circonstances économiques et culturelles auxquelles les Acadiens de l’Île-du-Prince-Édouard et autres groupes minoritaires au Canada ont fait face.  Ces problématiques industrielles, environnementales, culturelles et liées au genre ne sont que quelques-unes des questions que nous pouvons répondre grâce aux cartes, utilisées conjointement avec une variété de matériaux historiques.