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Guides d’apprentissage

 
Étant résidents d’un petit lieu avec des frontières géographiques naturelles, les Insulaires sont très attachés à leur terre. La terre que nous habitons et son utilisation sont, bien sûr, d’intérêt spécial pour tous les humains, mais ils ont une prise bien spéciale sur l’imaginaire insulaire : dans nulle autre province pourrait-on trouver un sujet qui a eu autant d’impact historique que le Land Question (question des terres). Même si la fameuse loterie des terres de l’Île, qui a eu lieu à la fin des années 1700, a été réglée avec l’achat des terres des absentéistes suite à l’entrée de l’Île dans la Confédération en 1873, l’intérêt dans la propriété des terres et de leur usage est toujours présent. On a vu dans les années après-guerre un grand nombre de publications : Three centuries and the Island, publié en 1959 par A.H. Clark (reconnu par The Canadian Encyclopedia comme étant le fondateur de la géographie historique canadienne); deux commissions royales provinciales sur les terres (1972-1973 et 1989-1990), ainsi que la législation de 1982 – unique au Canada – qui régit le montant de terre qui peut appartenir à une personne ou à une corporation ne résidant pas à l’Île. Plus récemment, il y a eu une table ronde sur l’intendance et l’utilisation des terres (1997) et un symposium en 2005 – subventionné en partie par la province – sur les enjeux concernant l’utilisation des terres à l’Île-du-Prince-Édouard. Au moment même où nous terminions cette application, la question de la propriété des terres faisait toujours l’actualité à l’Î.-P.-É. (voir, par exemple, « Regulatory agency overruled every time on land purchases » - http://www.cbc.ca/canada/prince-edward-island/story/2009/04/20/pei-irac-land-overruled.html).
 
L’intérêt concernant les terres n’est pas que pour les recherches scolaires ni pour les politiques publiques. Il a influence la culture insulaire d’abondantes manières, beaucoup trop nombreuses à énumérer ici. Pourtant, regardant le cas de deux auteurs insulaires très connus, L.M. Montgomery et Milton Acorn. Le paysage de l’Île est un thème tellement puissant et envahissant dans les romans de Montgomery que ça devient presqu’un caractère, et si la relation avec l’Île est moins exubérant chez Acorn, il est l’auteur d’un énoncé bien connu sur la connexion entre les Insulaires et leur terre dans ce poème écrit vers 1955 « The Island » :
“Since I’m Island-born home’s as precise as if a mumbly old carpenter, shoulder-straps crossed wrong, laid it out, refigured to the last three-eights of shingle.
Nowhere... is there a spot not measured by hands; no direction I couldn’t walk to the wave-lined edge of home.”
(NDLR : « « Puisque je suis né à l’Île, chez-moi c’est aussi précis que si un vieux charpentier bougonneux, bretelles croches, l’aurait planifié, recalculé au dernier trois-huitième d’un bardeau.
Nul part... y a-t-il un endroit pas mesuré par des mains ; aucune direction qui ne me mène pas à la vague qui marque la frontière de ma demeure. »)
 
Le contrôle des terres et leur usage sont des thèmes puissants qui marquent l’histoire de l’Île et demeurent toujours aussi forts aujourd’hui. Comme représentation visuelle de la terre et de son usage, les matériaux cartographiques sont uniques dans leur genre pour découvrir le développement de l’Île.