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Cartes topographiques de l’Île-du-Prince-Édouard

Au début du 18e siècle, des cartographes de l’Acadie et de la région Atlantique ont mis le focus sur les bancs de pêche et les caractéristiques côtiers afin de guider les explorateurs, les expéditions militaires et les bateaux de pêche.  Les descriptions des eaux intérieures étaient sans information importante et d’autant plus trompeuses.  Laisser un espace vide sur une carte n’était pas encouragé, donc parfois on imaginait des caractéristiques topographiques comme une chaîne de montagnes (MacNutt).

Cependant, les cartes qui datent du 18e siècle ont encore été utiles dans l’étude des changements au paysage, surtout puisqu’une grande attention était apportée aux caractéristiques côtiers.  Les spécialistes en environnement Keryn Bromberg et Mark Bertness ont utilisé les cartes historiques de la Nouvelle-Angleterre afin d’établir l’espace du marécage en 1777 et de tracer les pertes dues à la montée du niveau de la mer, l’altération des cours d’eau, l’expansion agricole, le développement urbain et autres changements dans l’utilisation des terrains (Bromberg et Bertness).  Les historiens de l’Î.-P.-É. ont aussi commencé à étudier les changements dans l’écosystème et le paysage physique de l’Île.  Matthew Hatvany a examiné la relation entre les communautés agricoles et les marais salants de l’Î.-P.-É. et de la région Atlantique.  Doug Sobey a utilisé les cartes historiques et des sources qualitatives dans son livre Early Descriptions of the Forests of Prince Edward Island (2002), et ensemble avec William Glen ils ont collaboré sur plusieurs projets qui adressent l’utilisation des terres agricoles et forestières dans l’histoire de l’Île (2004).

Au début de la période britannique, une différente cosmologie était exprimée dans le cartouche et d’autres images sur les cartes dans les Maritimes.  En partant de la gravure de Thomas Kitchin dans laquelle on voit des colons engagés dans le voile, la pêche, le débroussaillage de la zone côtière dans sa carte de 1749

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aux sketchs stylisés des fermes progressives et des entreprises dans Meacham’s Illustrated Atlas of PEI, les images qui accompagnent les cartes démontrent la transformation humaine du paysage.  C’était une île qui pouvait soutenir la vie et l’établissement et aussi accommoder les notions de progrès que les gens associaient avec l’Empire britannique et sa révolution industrielle.  Les cartes à l’époque de la colonisation anglaise ont mis le focus sur des caractéristiques pratiques tels que les villes, les mines et les établissements agricoles le long de la côte.  Les caractéristiques côtiers sur les cartes les plus anciennes étaient plutôt fonctionnels, tels que les mesures sonores et les descriptions nautiques des baies et des rivières; avant la fin du 18e siècle, la fonction des cartes avait moins rapport à la cosmologie, l’art et l’exploration et la conquête impériaux, plutôt qu’à la manipulation individuelle de ressources.  Aux yeux des Européens, ce processus prendrait une occupation ordonnée des terres, une connaissance détaillée des ressources naturelles, et le déplacement de la population indigène qui était vue comme étant une menace.

Les forêts et autres terres intérieures qui étaient démontrés comme étant des espaces vides ou des topographies imaginées sont devenues aussi importantes que l’océan aux cartographes.  Les côtes de l’Île-du-Prince-Édouard, comme la plupart du monde subarctique, étaient mesurées intensivement au 19e siècle, et le focus du cartographe s’est déplacé des côtes et des ressources en mer aux lignes de la terre.1